Aug

22

2006

Stéphane Radjavi dépose une plainte contre un négationniste

«Le mythe de l'Holocauste est obscène», «Le journal d'Anne Frank est un faux», «Six millions de morts le sont-ils réellement?»

 

Fils de l'opposant iranien assassiné en 1990 dans le canton de Vaud, Stéphane Radjavi a porté plainte suite aux propos «négationnistes et putrides», reçus le 9 août dans sa boîte aux lettres.

 

«Nier la Shoah, c'est un peu comme si quelqu'un niait la mort de mon père. De plus, mon grand-père, balancé par un bon Français, a été gazé par les nazis en 1944 à Buchenwald

 

Deux semaines après avoir écrit un courrier du lecteur dans la Tribune de Genève portant sur le conflit israélo-palestinien, le juriste, habitant de Tannay (VD), vide sa case postale à Montbrillant. Il décachette une enveloppe expédiée cinq jours plus tôt depuis la poste de Grand-Lancy et y découvre huit pages de déclarations niant l'existence des chambres à gaz. Sur l'une d'elle figure même des références pour se procurer en France une interview de Robert Faurisson, un historien négationniste.

 

Stéphane Radjavi en est certain : c'est l'article paru dans les colonnes de la Tribune de Genève qui a déclenché l'ire des négationnistes. «J'ai simplement appelé dans le journal à cesser les reproches unilatéraux formulés contre l'Etat hébreu.» Le plaignant, qui porte l'affaire en justice «par civisme», ne se fait guère d'illusion. Le coupable a peu de chances d'être interpellé. «Ces gens utilisent de plus en plus internet pour envoyer leurs tracts car ça laisse moins de traces, confirme Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police. Je n'ai pas souvenir d'arrestations du genre ces dernières années.»

 

 

Président de la CICAD, Me Philippe Grumbach arrive au même constat. Il précise pourtant que chaque année une dizaine de distributions de prospectus dans les boîtes aux lettres et d'envois postaux lui sont signalées. «Ces temps, en raison des derniers événements au Liban, ce type de courriers est plus fréquent. Mais c'est très dur de remonter aux coupables, car ces tracts sont touchés par plusieurs personnes.» Difficile, dans ces conditions, de distinguer les empreintes digitales. Outre les difficultés techniques, Stéphane Radjavi a conscience que la justice a d'autres priorités. Mais il refuse de parler de négligence des pouvoirs publics. «Et les autorités ont aussi un souci d'apaisement social et veulent éviter de créer des foyers antagonistes

 

 

D'où viennent ce type d'envois anonymes? «D'un peu partout, explique Claire Luchetta, présidente de la section genevoise de la Ligue internationale contre racisme et l'antisémitisme (LICRA). Mais ils sont souvent retrouvés dans des boîtes aux lettres d'Onex, de Lancy, de Plainpalais ou du Petit-Saconnex. Du moins pour les messages qui nous reviennent.» Tracts, graffitis, insultes, crachats, agressions… Chaque année, la CICAD recense les cas d'actes antisémites, en Suisse romande. Le dernier Rapport de la CICAD sur la situation de l'antisémitisme, en Suisse romande, fait état de 75 actes antisémites recensés. La plupart se produisent à Genève, ville multiculturelle à l'agglomération la plus peuplée, où la communauté juive est la plus nombreuse.

 

Tribune de Genève - mardi 22 août 2006, 24 Heures - mardi 22 août 2006, Rapport CICAD

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