Nov

17

2016

Un juif pour l’exemple - Du 8 au 20 novembre 2016

L’histoire est aussi simple que sordide :  en 1942, l’Allemagne est à nos frontières. Payerne, gros bourg situé à l’extrémité de la plaine de la Broye, dans le canton de Vaud, vit une situation économique difficile. Un nombre croissant de chômeurs attendent chaque matin une embauche pour la journée, histoire de gagner quelques sous qu’ils dépenseront sitôt dans les bistrots des alentours. Ces lieux de vie où l’on cause, où l’on s’insurge contre les nantis, contre les francs-maçons, contre les Juifs. Ce désœuvrement est un terrain propice à l’endoctrinement pour la cause nazie.  Un pasteur lausannois, fanatique de la puissance du IIIème Reich, va peu à peu distiller dans la tête des miséreux, les gouttes du venin de la propagande allemande. La radicalisation de ces pauvres bougres est en marche. Il ne leur reste plus qu’à prouver par un acte marquant leur appartenance à cette nouvelle idéologie : faire un exemple !

Ceci n’est pas qu’un spectacle, c’est un véritable réquisitoire contre toute forme d’exclusion, de stigmatisation, d’accusation portée contre une race, une religion, un genre. C’est un appel à la conscience humaine, à la tolérance, mais également à la prudence face aux montées extrémistes, qu’elles soient politiques ou religieuses, face à l’endoctrinement ultra pour un dogme ou une idéologie.

A l’heure d’une autre radicalisation qui voit tous les jours des jeunes et moins jeunes partir pour la Syrie et prendre les armes au nom d’un Dieu, il nous semble important d’en faire le parallèle et en même temps de découvrir un pan de notre histoire. La Suisse n’a pas toujours été belle en ces années de guerre. Trop souvent, nous nous sommes voilé la face.

Alors, quel regard portons-nous sur nous-mêmes ? Avons-nous la même rancœur face à notre indignité que lorsque nous abhorrons le slogan « Je suis Charlie » ? Sommes-nous plus attachés à nos principes humanitaires maintenant, quand nous repoussons les réfugiés proche-orientaux arrivés à nos portes, plutôt qu’à l’époque où nous fermions nos frontières à ceux qui fuyaient les persécutions nazies ? Le temps a passé certes, mais les atrocités demeurent… Et cet acte isolé n’est pas très éloigné de la barbarie terroriste actuelle, quelle qu’elle soit. Sauf que dans le crime de Payerne, il ne s’agissait que d’un seul homme, un Juif.

 

 

 

www.unjuifpourlexemple.ch

Espace – Temple de la Fusterie

Du 8 au 20 novembre 2016

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