Feb

06

2018

« Si on peut critiquer la politique d'Israël comme de n'importe quel autre pays, on doit cependant prendre garde au poids des mots » Simon Brandt, Conseiller municipal PLR Genève

Intervenu ces dernières semaines au cours d’une séance plénière du Conseil municipal genevois pour aborder une question de politique étrangère, Simon Brandt Conseiller municipal PLR Genève revient sur cette affaire.

CICAD : Sur le site internet de l’un des services de Monsieur Kanaan, Conseiller administratif de la Ville de Genève, est publié depuis 2013 un texte qualifiant d’ « apartheid » la politique de l’état d’Israël. Pourtant et comme vous l’avez évoqué lors de votre prise de parole, la charte de la Ville interdit à cette dernière de prendre position sur des questions de politique étrangère.

Pourriez-vous nous expliquer quelles ont été vos motivations pour aborder ce sujet?

Je suis tombé par hasard sur cette réponse sur le site des bibliothèques municipales. Je l'ai trouvé tellement scandaleuse que j'ai jugé bon d'interpeller le Conseiller administratif en charge sur ce sujet.

Quelle était la démarche de cette demande auprès du Conseiller administratif concerné?

A l'origine, l'objectif était de savoir s'il s'agissait d'un simple abus de langage de la part d'un fonctionnaire municipal et de demander que l'on corrige ce qui est une erreur manifeste. Au vu de la réponse du magistrat concerné, je constate qu'il semble malheureusement assumer ces propos. Je trouve cela regrettable.

Dans sa réponse et en se basant sur des documents officiels des Nations Unies pour se justifier, M. Kanaan ne contredit pas le terme "apartheid" pour qualifier la politique de l'état d'Israël. Que pensez alors d’une telle réponse de la part d’un représentant de la Ville de Genève? Comment cela doit être perçu?

Cette réponse est scandaleuse, problématique et partiale. Surtout, elle montre une totale méconnaissance du dossier de sa part vu que l'ONU n'a jamais cautionné cette analogie malgré ses dires. Il m'a cependant indiqué qu'il allait vérifier plus avant mais je n'ai eu aucun retour depuis. Je le regrette même si j'ose penser qu'il finira par se rendre compte que sa réponse était inadéquate et fausse.

Si on peut critiquer la politique d'Israël comme de n'importe quel autre pays, on doit cependant prendre garde au poids des mots. A plus forte raison lorsqu'on est magistrat d'une Ville qui accueille les Nations Unies. Je constate que certains Conseillers administratifs de la Ville de Genève semblent prendre un malin plaisir à se mêler de la politique interne d'autres pays alors même que cela ne les regarde pas. Ils feraient ainsi mieux de se mêler de ce pourquoi ils ont été élus, soit des intérêts des habitants de municipalité.

Cette réponse lors de la séance plénière n’a pas fait réagir les politiques présents alors qu’il s’agit bien d’une prise de position politique. Que suscite pour vous l’absence de réaction de la classe politique genevoise sur ce sujet?

Pour être franc, je ne suis pas certain que tout le monde ait entendu sa réponse. Pour les autres, je trouve navrant leur absence de réaction qui sous-entend qu'ils partagent l'opinion fausse de M.Kanaan. Cela dénote pour le moins un manque crasse de connaissance sur le sujet, pour ne pas dire davantage.

Je rappelle à ce titre qu'Israël est la seule démocratie du Proche-Orient et que, selon les principes fondamentaux de la démocratie israélienne, tous les citoyens ont les mêmes droits quelle que soit leur confession. Les Arabes israéliens sont ainsi des citoyens à part entière de l'État d'Israël, avec une protection égale devant la loi et les mêmes droits que leurs concitoyens. On est bien loin d'une situation d’apartheid.

Enfin, faudrait-il, selon vous, interpeller les concitoyens genevois sur de telles prises de position?

Je suis partagé. D'un côté, je pense qu'il convient de faire le moins de publicité possible sur ce genre de déclarations. De l'autre, cela démontre qu'une meilleure sensibilisation à ces questions nécessaires même au sein de la classe politique genevoise. Je pense donc effectivement qu'il est nécessaire d'interpeller nos concitoyens afin que de tels propos ne puissent se banaliser.

 

 

Source : CICAD, 6 février 2018


 

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