May

03

2017

Dessinateur condamné pour discrimination raciale suite à une dénonciation pénale de la CICAD

JUSTICE. Ce jeune Valaisan avait publié des dessins antisémites sur la Toile et les réseaux sociaux.

Le dessinateur valaisan; qui pu­bliait des dessins sous le pseudo­nyme d'.Artiste mal pensant, vient d'être condamné par la jus­tice valaisanne pour discrimina­tion raciale. Ces dessins lui avaient déjà valu d'être exclu de l'école professionnelle d'art con­temporain (EPAC) de Saxon. Cette fois, c'est le Ministère pu­blic qui frappe.

L'ex-étudiant chablaisien âgé de 25 ans a été condamné à une peine assez lourde de cent jours­amende, car il assume ses actes et n'a pas exprimé de regret. Il bénéficie néanmoins obligatoi­rement d'un sursis (deux ans), son casier judiciaire étant vierge. Toutefois, il devra payer une amende de 200 francs. Le dessinateur n'a pas fait recours contre sa condamnation qui est définitive.

Dénoncé par le Cicad

La justice avait été alertée en mai 2016 par la Coordination in­tercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (Cicad) qui avait déposé plainte et dévoilé une série de dessins et commentaires publiés sur inter­net par le condamné entre 2015 et 2016. Parmi ces documents, on trouve notamment un dessin publié sur Twitter. Selon le Ministère public, il montrait «un juif caricatural muni d'un brassard israélien en train d'injecter une dose d'immigration clandestine en Europe».  Et la justice d'ajouter: «La légende énonce ironiquement qu'il ne s'agit pas d'une caricature anti­sémite.»

Deux mois plus tard, sur Facebook, le Valaisan représente des chauves-souris, selon les poncifs habituels, avec encore des phrases stigmatisantes.

L'an dernier, il dessine sur Facebook et Twitter un person­nage et lance une sorte d’avertis­sement : «Quand le vent tourne, ça finit mal pour eux.»

Treize dessins et commentaires incriminés Au total, la justice a retenu treize dessins ou commentaires. Pour elle, «tous les dessins et com­mentaires faisant passer le message de juifs conspirateurs et mani­pulateurs mal intentionnés des partis, de la justice, de la situation internationale, faisant référence au lobby juif, au complot juif, tom­bent sous le coup de l'article» du code pénal punissant la discri­mination raciale.

Et la loi réprime aussi «les dessins et commentaires qui appellent les gens à ne pas se laisser faire et à réagir contre les influences néfastes des juifs, à leur faire subir les persécutions qu'ils ont déjà subies».

Tant le condamné que son avo­cat, Me Jean-Luc Addor, n'ont pas tenu à s'exprimer sur ce dos­sier. O

Ses fréquentations politiques

Certains dessins de ce Valaisan s'en prenaient réguliè­rement aux juifs, mais aussi aux migrants et à la gau­che. Ils étaient souvent relayés par des figures de l'ex­trême droite française. Une reconnaissance qui faisait dire l'an dernier au Cicad qu'Artiste mal pensant avait «réussi à se placer en pole position des dessinateurs complotistes du pays ».

Ce Chablaisien était aussi connu pour avoir dessiné pour les jeunes UDC valaisans. Il était aussi apparu aux côtés d'élus de l'UDC lors de manifestations offi­cielles, mais n'est pas membre du parti. Son coprésident Jérôme Desmeules déclarait l'an dernier: «Ni moi, ni l'UDC ne partageons ses thèses antisémites ». Mais cette année encore, lors des récentes élections cantonales, le jeune dessinateur a été vu au stamm cantonal de l'UDC à Sion. Interrogé sur la condamna­tion du dessinateur, ses liens avec l'UDC et le fait qu'il soit défendu par le conseiller national Jean-Luc Addor, l'autre coprésident de l'UDCVr, Cyrille Fauchère, indi­quait mardi: «Je ne commente pas des informations qui concernent une personne n'étant pas membre de notre parti.»

 

Source : Le nouvelliste, 3 mai 2017

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