Oct

14

2015

Bacsinszky comparée à une gardienne d’Auschwitz

Dans une chronique sur le site d'«El Mundo», une journaliste a affirmé qu'on pouvait imaginer la Suissesse «dans le rôle d'Irma Grese, gardienne dans les camps d’Auschwitz et Bergen-Beslen, célèbre pour fouetter les prisonniers jusqu’à la mort», avant de s'excuser, puis de retirer l'article.

Dimanche, Timea Bacsinszky s’est inclinée en finale du tournoi WTA de Pékin face à Garbine Muguruza Blanco (7-5 6-4). Dans un article publié sur le site d’«El Mundo» – deuxième quotidien généraliste payant le plus diffusé en Espagne, tout de même! –, une certaine Emilia Landaluce s’est lâchée sur le style de jeu de la Vaudoise, dans la catégorie «opinion» du site internet de ce média, quitte à déraper gravement. Jugez plutôt:

«Sa rivale (ndlr: de Muguruza Blanco), la Suissesse Timea Bacsinszky, à peine entrée dans le top 10 mondial après sa victoire en demi-finale face à Ivanovic, a balancé quelques coups de raquette qui ont mis l’Espagnole en difficulté. Et il n’y rien d’étonnant à cela. Bacsinszky joue un tennis rude, mais efficace. Si brutal qu’il n’est pas difficile de l'imaginer – peut-être aussi à cause de son physique de matrone aryenne – dans le rôle d’Irma Grese, gardienne dans les camps d’Auschwitz et Bergen-Beslen, célèbre pour fouetter les prisonniers jusqu’à la mort.»

Engagée dans ce média en début d’année, Emilia Landaluce était décrite, lors de son arrivée, comme une «journaliste qui va essayer d’écrire ses chroniques sur la vie politique espagnole à travers l'humour et l'acidité, qui ont toujours caractérisé son style, mais sans oublier la rigueur et l'information.» Sur ce coup-là, nul doute qu’elle s'est manquée dans les grandes largeurs.

«Je la comparais à Irma Grese pour sa beauté»

Emilia Landaluce, la journaliste en question, a fini par répondre à «20 minutes» via la messagerie de Twitter: «C'était dans le contexte du ton humoristique de mes papiers. Je n'avais pas l'intention du tout d'offenser Timea, que j'admire beaucoup. Je suis d'accord que la comparaison n'était pas appropriée pour quelques sensibilités... Dans un autre sens, je la comparais à Irma Grese pour sa beauté, car elle était méchante, mais très belle.» L'Espagnole a terminé par des excuses. «Je le répète: je demande pardon à Timea et à tous ceux que j'ai pu offenser.» En fin d'après-midi, la journaliste et son média ont décidé de retirer l'article en question.

«Je suis effaré par la virulence des propos, parfaitement intolérables, a réagi Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD (Coordination inter-communautaire contre l'antisémitisme et la diffamation). Comment un individu, de surcroit journaliste, bénéficiant d’une grande maitrise du verbe, peut se laisser aller à de telles injures sans en mesurer les conséquences? Banalisation de l’histoire, en particulier celle de la Seconde guerre mondiale, banalisation de la violence des mots…L’explication fournie me glace! Une réaction navrante, à la lecture de commentaire: "Je n’avais pas l’intention du tout d’offenser Timea". Timea aura peut-être pris ce commentaire pour un compliment. Mais de qui se moque-t-on ? Je rappelle pour la bonne forme qu’il s’agit d’un texte, pensé et écrit avant d’être publié. Pour la suite, il appartient désormais aux protagonistes: sportifs et rédaction du journal de faire entendre leur voix face à cette déplorable affaire», a-t-il ajouté.

Irma Grese, la «hyène de Belsen»

Une simple recherche sur Wikipédia suffit à classer l'horreur de la comparaison entre la Lausannoise et Irma Grese. Cette dernière, née en 1923, était «Aufseherin (gardienne auxiliaire) dans les camps de concentration nazis de Ravensbrück, Auschwitz et de Bergen-Belsen. Surnommée «la hyène de Belsen» à cause de son comportement particulièrement cruel et pervers à l'égard des prisonniers, elle reste l'une des criminelles nazies les plus connues.» Elle a finalement été pendue au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale.

Source:20min.ch, 13 octobre 2015

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