Apr

08

2016

Dénonciation pénale après un article négationniste

La CICAD a saisi le Ministère public contre les responsables d’un journal, tenus pour antisémites.

Un article rédigé dans le périodique «Le Pamphlet», en janvier 2016, n’est pas passé inaperçu du côté de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad). Son auteur, Claude Paschoud, est responsable de ce journal avec son épouse Mariette.

Il rebondissait sur un fait survenu dans une école d’Aubonne (VD) en début d’année: un élève qui avait dévoilé en primeur la fin du scénario du dernier épisode de «Star Wars» avait été sévèrement sanctionné par un enseignant, dans un premier temps. Claude Paschoud faisait un parallèle «avec la manière dont sont traités les révisionnistes disciples du professeur Robert Faurisson (...) Il est un méchant homme car il explique aux enfants que le Père Noël n’existe pas.» Et de conclure par: «Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire.»

Secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel est intraitable: «Avec le couple Paschoud, on a affaire à des auteurs qui utilisent leur périodique pour diffuser leurs nauséabondes thèses négationnistes.» Johanne Gurfinkiel insiste: «Minimiser ou nier un génocide dans le but de porter atteinte à la mémoire de la population juive, et d’une manière générale aux victimes du nazisme, ce n’est pas une opinion. Cracher au visage de la Shoah ne relève pas de la liberté d’expression! La base légale pour agir existe, à la justice de se déterminer.»

Liberté d'expression ou discrimination raciale punissable?

Me Philippe Grumbach a envoyé la dénonciation. «Nos chances sont bonnes de faire condamner les Paschoud grâce à l'article 261bis du Code pénal, qui sanctionne la discrimination raciale. Car ils réhabilitent Robert Faurisson, un négationniste français déjà puni dans son pays. Et qui le serait aussi en Suisse s'il niait l'existence des chambres à gaz.» Ancien juge au Tribunal fédéral, Claude Rouiller nuance: «Beaucoup de juristes contestent la légitimité de l'article 261bis au regard de la liberté d'expression; d'autres doutent de son opportunité. Il est en tout cas difficile à appliquer dans cette affaire car l'auteur a joué de subtiles dissimulations.»

 

 

 

Source : 20min.ch, 8 avril 2016

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