Nov

25

2016

La CICAD veut des sous publics pour protéger les synagogues

Terrorisme et djihadisme. La coordination contre l'antisémitisme conteste plusieurs points du dernier rapport du Service fédéral de lutte contre le racisme.

La coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) réclame un «soutien financier exceptionnel de l'Etat» pour protéger les synagogues et les écoles juives. L'association réagit au rapport annuel du Service fédéral de lutte contre le racisme (SLR), daté du 1er novembre mais rendu public le 17 de ce mois.

«A Genève trois lieux de culte et neuf écoles nécessitent des dépenses de sécurité de l'ordre de un à un million et demi de francs par année, dit Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD. L'Etat pourrait apporter une contribution à ces dépenses dont nous ne sommes pas responsables.»

La CICAD n'a pas recensé de menaces terroristes directes. Elle constate que la menace existe bel et bien, ce qu'atteste le Service de Renseignement de la Confédération (SRC) dans un dernier rapport: «La communauté juive en Suisse est particulièrement exposée au terrorisme djihadiste». «Nos caméras de surveillance, qui n'enregistrent pas les images prises sur le domaine public et nécessitent donc leur visionnement en permanence, relèvent parfois, ajoute Johanne Gurfinkiel, des comportements jugés alarmants, lorsque, par exemple, un quidam prend des photos qui nous semblent dépasser l'étude architecturale d'un bâtiment.»

Problème, «il n’existe (selon le SLR) actuellement aucune base constitutionnelle ou légale permettant une participation de la Confédération aux frais des mesures de sécurité prises pour protéger les institutions juives.» Interpellé par 20 Minutes, le Département genevois de la sécurité indique qu’en cas de danger imminent, «des mesures spéciales peuvent être décidées. La police se tient toujours prête à réagir de façon proportionnée aux risques identifiés».

Recensement lacunaire des cas d'antisémitisme

La CICAD revient dans la foulée sur une autre revendication, celle d'être considérée comme un observateur agréé des cas d'antisémitisme en Suisse. Elle estime que la base de données DoSyRa, présidée par Martine Brunschwig Graf, est passablement lacunaire. La preuve étant, estime la CICAD, qu'elle a répertorié 164 cas d'antisémitisme en 2015, alors que DoSyRa n'en a recensé que 12. L'association conteste en conséquence la conclusion du rapport selon laquelle «le nombre d’incidents signalés d’hostilité à l’égard des personnes juives reste relativement stable au fil des ans».

Incidents racistes en Suisse en 2015

Troisième vieille revendication de la CICAD et d'autres associations luttant contre le racisme et l'antisémitisme, le fait d'être habilité à recourir contre des violations au sens de la norme pénale contre le racisme. Johanne Gurfingiel qui signe le communiqué de la CICAD regrette que le rapport du SLR présente les arguments du Conseil fédéral qui rejette cette recommandation.

 

Source : tdg.ch, 24 novembre 2016

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