Nov

02

2015

Peine ferme confirmée pour un négationniste

Justice – Poursuivi par la CICAD pour des propos antisémites tenus sur son site internet entre 2010 et 2013, un négationniste genevois, auto proclamé journaliste, a été condamné à une peine de cinq mois de prison ferme.

Le Tribunal fédéral (TF) balaie le recours de B., un négationniste genevois, et confirme sa condamnation à cinq mois de prison ferme. Reconnu coupable notamment de discrimination raciale et de calomnie relayées sur son site Internet entre 2010 et 2013, cet homme occupe la justice depuis une dizaine d’années.

En 2013, B. a d’abord été sanctionné par ordonnance à quatre mois ferme. Il a fait opposition et s’est retrouvé devant le Tribunal de police, qui lui a accordé le sursis. En appel, en 2014, la peine est redevenue ferme et elle est confirmée aujourd’hui par le TF.

La justice a passé en revue une soixantaine d’articles et de commentaires dans lesquels B. estime que l’antisémitisme, «un sentiment on ne peut plus légitime, (…) est suscité par les juifs eux-mêmes». Selon l’accusation, B. n’hésite pas à défendre des révisionnistes usant «d’arguments tout à fait dignes d’intérêt». Il soutient d’ailleurs que les révisionnistes sont victimes «de persécutions judiciaires du lobby juif». Il va jusqu’à qualifier ce groupe d’organisation crapuleuse.

Quant au devoir de mémoire, il vise, selon lui, à institutionnaliser un racket permanent «au profit du Shoah business». D’après lui, le chiffre de six millions de juifs exterminés par les nazis n’a aucune valeur historique.

B. s’en prend aussi à la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad). Il considère qu’elle est dirigée par des «agents israéliens» exerçant la profession d’avocats. Des accusations visant Me Philippe Grumbach, avocat de la Cicad, et son confrère Me Alain Bruno Lévy. Autant d’atteintes à l’honneur, selon les juges du TF.

B. a déjà été puni en 2002 pour diffamation et il ne s’est pas présenté en 2011 à son procès pour des faits similaires. La justice a tenté de lui interdire toute récidive, «il n’a pas écouté et a continué», déplore le TF, estimant qu’une sanction financière est sans effet sur B. «Il n’est pas crédible lorsqu’il se réfugie derrière sa prétendue qualité de journaliste pour justifier ses propos (…) dont il connaissait la fausseté.»

Son avocat, Me Pascal Junod, le défend: «Quand il parle des juifs, il ne s’attaque pas à toute la communauté. Il parle de la politique de l’Etat d’Israël. Il faut remettre ses propos dans le contexte.» Un argument écarté par les juges car «B. se fonde sur des faits non constatés. Le ressentiment par rapport à la politique d’un Etat ne saurait en aucun cas justifier des déclarations discriminantes contre des personnes en raison de leur appartenance religieuse», conclut le TF. (TDG)

Source: tdg.ch

 

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