May

30

2013

Noëlla Rouget, résistante française déportée à Ravensbrück, rencontre les élèves de Genève

Jeudi 23 mai, les élèves de l'École internationale de Genève ont eu l'opportunité d'écouter le témoignage de Madame Noëlla Rouget, résistante française arrêtée en juin 1943 et déportée à Ravensbrück en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale.

       

 

"Je ne suis ni historienne ni professeur d'Histoire. Je suis un témoin qui a subi, et vu des milliers d'autres femmes et d'enfants subir les terribles sévices infligées par des hommes dont le pays avait perdu son âme."

 

Résistante contre l'occupation nazie, Noëlla Rouget expliqua à plus de soixante dix élèves présents dans la salle les risques qu'elle encourait en désobéissant aux lois allemandes, et parla de son arrestation et de son emprisonnement à Angers. D'Angers à Compiègne, elle est ensuite déportée au camp de Ravensbrück, où elle ne sera libérée qu'en avril 1945.

Voyage avec des déportés entassés dans des wagons à bestiaux, fouilles, manque d'hygiène et de nourriture, travail difficile et fatigue, froid, famine et maladies, expériences sur les corps, chambres à gaz...La rescapée témoigne avec émotion des conditions inhumaines mais aussi de l'atteinte à la dignité et de l'humiliation ressentie dans ce camp de la mort.

"Aucun détenu ne doit tomber vivant aux mains de l'ennemi", avait ordonné Himmler aux commandants des camps. "Il avait donc donné l'ordre de tous nous exterminer, mais ils n'en ont pas eu le temps. Nous sommes là, des rescapés qui se sentent l'impérieux devoir de parler, pour rendre hommage à ceux que nous avons laissé dans les crématoires des camps. Dire les souffrances vécues avant leur anéantissement, raconter les horreurs vues et vécues pour nos camarades", a déclaré Noëlla Rouget qui confie régulièrement ces moments douloureux de sa vie aux étudiants. "Quand je vous parle des souffrances que nous avons vécu à Ravensbrück, je parle pour prêcher la vigilance auprès des jeunes générations car si Auschwitz a été possible, Auschwitz est possible tant que règne dans le monde la haine de l'autre, le racisme et la haine."

 

 

 

 

Une rencontre a également lieu avec les élèves de l' École Professionnelle Hotelière le 15 mai 2013.

Ces rencontres interviennent dans le cadre de la préparation au voyage à Auschwitz-Birkenau, organisé comme chaque année par la CICAD fin novembre pour perpétrer la mémoire de la Shoah auprès des élèves et des enseignants de Suisse romande. Cette année, près de 250 d'entre eux se rendront en Pologne.

CICAD en action

  • Plus de 20 ans d’actions

    La CICAD se préoccupe des menaces qui pèsent sur les Communautés juives. Prévenir, conseiller et agir : 3 mots d’ordre contre un même fléau.