Nov

19

2013

Sami Sandhaus témoigne au Collège Champittet

Dans le cadre de la préparation au voyage d’étude à Auschwitz-Birkenau organisé par la CICAD, soixante élèves et enseignants du Collège Champittet de Pully étaient invités à rencontrer le 13 novembre Sami Sandhaus, rescapé de la Shoah. Déporté à 14 ans au camp de Bershad dont il s’est évadé  à 16 ans en 1943.

 

   

 

 

C’est en 2002, soixante ans après son évasion, qu’il décide de retourner dans sa ville natale, Czernowitz, dans la région de Bucovine en Ukraine pour parcourir à nouveau le trajet imposé par les nazis en 1941. De ce parcours, il écrira un livre deux ans après « L’éternel combat » qui a pour but de financer un monument de commémoration dans le camp de Bershad.

« Mon histoire se termine là où elle a commencé, au camp le plus atroce qui puisse exister, où les droits les plus élémentaires furent bafoués. » Sami Sandhaus était un adolescent de 14 ans lorsque les nazis sont entrés pour la première fois dans les rues de sa ville natale.

Il explique aux élèves présents son arrestation à Czernowitz jusqu’à sa déportation au camp de Bershad, où il  s’évadera avec sa mère en 1943. Voyage avec des déportés entassés dans des wagons à bestiaux, promiscuité, insalubrité, maladies, manque de nourriture et d’eau, travaux forcés, fusillades, tortures, il témoigne avec émotion des conditions inhumaines mais aussi de l'atteinte à la dignité subies dans ce camp de la mort où pendant deux ans et demi furent exterminés plusieurs milliers de Juifs. « De ce passé remplit de traumatisme psychologique, et physique, j’en ai tiré une philosophie qui m’a aidé toute ma vie à me dépasser. » Éternel optimiste, Sami Sandhaus crots à l’unité du monde, à la raison de l’homme, à la justice mais aussi à l’avenir.

Plus qu’un simple témoignage, pour Sami Sandhaus parler de son vécu concentrationnaire c’est accomplir une dette envers les victimes et transmettre l’Histoire et l’horreur pour que les futures générations n’oublient jamais. « La mémoire des survivants ne peut être qu’une simple tragédie personnelle. Témoigner c’est être au service des générations futures, de tous ceux qui ont pu oublier. J’apporte un témoignage sans jugement sur le calvaire que tant de Juifs connurent.»

 

 

Les élèves étaient très touchés par cette rencontre, conscients de la chance de pouvoir dialoguer avec un rescapé dont le récit les a bouleversés. De son coté, Gilles Page, professeur de Français et chargé de l’encadrement du groupe de Champittet pour ce voyage depuis plusieurs années, a remercié la CICAD pour le travail de mémoire accompli. «Cette matinée a permis de réunir des jeunes et moins jeunes dans notre devoir de mémoire plus que jamais nécessaire.»

Sami Sandhaus, qui regretta à 16 ans de ne pas avoir témoigné, souhaite aujourd’hui léguer un témoignage à l’Humanité. « Mon récit doit être entendu pour que l’on sache qu’en Ukraine, aussi, c’est passée la grande Histoire. Le voyage organisé par la CICAD à Auschwitz est une très bonne chose car il permet de lutter contre l’oubli.»

 

 

 

Des séances préparatoires indispensables

Ce témoignage participe au travail quotidien de sensibilisation des élèves, étudiants et enseignants effectué chaque année par la CICAD. Confrontée à la banalisation de la Shoah, la CICAD rappelle par ces récits et l’ensemble des supports pédagogiques qu’elle réalise ce qu’a été l’histoire des Juifs durant la Seconde guerre mondiale. Le travail de préparation organisé par l’Association avec l’ensemble des élèves et enseignants participants au voyage est essentiel. Cette année, Monsieur Sami Sandhaus et Madame Noella Rouget ont accompagnés la CICAD en témoignant dans les écoles.

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