Colette Avital

Colette Avital est membre de la Knesset (parti Avoda) et Présidente du Comité de l'Immigration et de la Diaspora. Interview du 31 mai 2005.

 

Colette Avital, comment voyez-vous évoluer la situation au Proche-Orient ? Que peut faire Israël face au terrorisme palestinien ?

«S'ils ont décidé de choisir la voie de la violence, de leur point de vue, c'est un choix stratégique et donc il faut se méfier et la seule conclusion, c'est qu'Israël doit être fort et ne pas prendre des risques qu'il ne peut pas soutenir. Nous souhaitons la paix mais nous avons été tellement déçus que nous ne voulons pas créer des illusions qui n'existent pas

 

Colette Avital

 

La paix est donc impossible tant que durera le terrorisme ?

«Ce qu'il faut faire, c'est travailler avec ceux [des Palestiniens] qui sont sincères et faire tache d'huile, c'est-à-dire créer un processus qui élimine les possibilités de la destruction d'Israël. Parce que si nous ne travaillons pas avec ces gens, c'est le Hamas qui va s'imposer. Est-ce que nous croyons que la paix est possible ? Oui. Est-ce que nous croyons qu'il y a des partenaires de l'autre côté ? Oui. Est-ce que nous croyons qu'elle va arriver demain ? Non. Parce que c'est un processus qui sera beaucoup plus long et beaucoup plus compliqué. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas créer la dynamique et la dynamique est, en elle-même, importante et apporte le changement.»

 

Que pensez-vous du Plan de Désengagement ?

«Sharon n'est pas quelqu'un que j'ai élu, mais je dois dire que sur ce point, je le respecte. Je trouve qu'il agit avec beaucoup de courage, avec beaucoup de détermination.

Le désengagement aura lieu, mais la question est: que va-t-il se produire pendant le désengagement et après le désengagement ?»

 

Et que pensez-vous de la barrière de sécurité ?

«Cette barrière est provisoire, en attendant que les Palestiniens veuillent bien revenir à la table de négociation. Ce n'est pas une frontière permanente.»

 

A votre avis, quelle doit être l'attitude d'Israël envers Abou Mazen ?

«Le fait de renforcer ou non Abou Mazen est aussi entre nos mains. Et si nous ne le faisons pas maintenant, nous risquons fort que le Hamas gagne les élections et là, le processus de paix est fini. Donc, renforcer Abou Mazen est dans l'intérêt d'Israël est non pas dans l'intérêt des Palestiniens seulement.»

 

Et si c'est le Hamas qui gagne les élections, que va faire Israël ?

«Il n'est pas possible de négocier avec le Hamas. Vous ne pouvez négocier avec le diable que s'il reconnaît que vous avez le droit d'exister.»

 

Les Israéliens sont-ils aujourd'hui favorables à la création d'un Etat palestinien indépendant ?

«Il y a cinq ans, 10 % de la population israélienne soutenait l'idée d'un Etat palestinien; aujourd'hui, c'est 70 %. C'est un changement très important.»

 

Vous êtes membre du parti travailliste; pouvez-vous nous dire ce qui a poussé les Israéliens à voter aussi massivement à droite aux dernières élections ?

«Dès qu'il y a un attentat, tout le monde bouge à droite. Si les Palestiniens veulent que la droite continue à être au pouvoir en Israël, tout ce qu'ils ont à faire, c'est un attentat un jour avant les élections... et ils le savent.»

 

 

Interview réalisée le 31 mai 2005

Photo : Hervé Gross

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