Michael Eytan

Michael Eytan est membre de la Knesset (parti Likoud) et Président du Comité Constitutionnel. Interview du 31 mai 2005.

 

Michael Eytan, que pensez-vous du Plan de Désengagement ?

«Le but de ce plan est de prouver que les problèmes des Palestiniens ne viennent pas de l'occupation israélienne. Nous voulons leur donner un territoire et leur dire: "Prenez vos responsabilités, occupez-vous de la sécurité, occupez-vous de l'économie, instaurer une démocratie et ne prenez plus l'excuse de l'occupation israélienne". Bien sûr, ils continueront à dire: "Gaza est trop petit, nous voulons Jaffa, nous voulons Tel-Aviv,...". Mais après le désengagement, il ne devrait y avoir aucune réclamation territoriale, parce que nous sommes en train de revenir aux frontières d'avant 1967

 

Michael Eytan

 

Si ce n'est pas l'occupation israélienne, qu'est-ce qui fait que les Palestiniens ont autant de mal à régler leurs problèmes ?

«Lorsqu'Arafat est revenu à Gaza, après avoir signé les Accords d'Oslo et avoir obtenu l'autonomie de Gaza, il n'a jamais pensé à reconstruire la nation palestinienne, ni l'économie, ni à instaurer une démocratie; tout ce qu'il avait à l'esprit était de continuer ce qu'il pensait être une guerre de libération. Lorsque les Juifs se battaient pour leur indépendance, dans le même temps, ils ont développé des universités, des industries, des institutions, etc. Ils voulaient bâtir une nation. Ce qu'Arafat a fait, c'est continuer une guerre, mais il ne s'est pas occupé de son peuple, au contraire: il l'a utilisé pour le montrer au monde entier et gagner de la sympathie.

 

Lorsque j'étais Ministre des Sciences, j'ai invité mon homologue palestinien, Nabil Shaat, pour lui montrer nos développements technologiques et je lui ai offert de coopérer. Sa réponse a été: "Tant que nous ne serons pas d'accord politiquement, nous ne collaborerons pas". Je lui ai répondu que, peut-être, élever le niveau de vie des Palestiniens pourrait être un moyen de résoudre les problèmes politiques.»

 

Après le retrait de Gaza, il restera la question des réfugiés palestiniens.

«Il est clair que, si nous laissons ces réfugiés revenir, il n'y aura plus de place pour un Etat juif. Nous avons intégré plus d'un million de réfugiés juifs venant des pays arabes; ils sont venus en tant que réfugiés, sans ressources économiques, ils vivaient dans des tentes, dans de très mauvaises conditions. Mais Israël les a intégré, leurs fils sont ingénieurs, ils travaillent dans la haute technologie, ils ont un bon niveau de vie... parce que nous avons fait tout ce qu'il fallait pour les intégrer et leur donner la possibilité de vivre bien, de vivre dans une démocratie, de vivre une vie créative et constructive. Ce qui s'est passé avec les réfugiés palestiniens, c'est qu'on les a laissé vivre en tant que réfugiés et qu'on leur a laissé croire qu'ils n'avaient rien besoin de faire parce qu'un jour, ils reviendraient à Tel-Aviv et Jaffa, etc. Et ils sont restés des réfugiés jusqu'à aujourd'hui... jusqu'à la troisième génération ! Ils ont été pris en otages, de façon à pouvoir baser des demandes politiques sur eux.»

 

Pourquoi l'image d'Israël est-elle aussi mauvaise aujourd'hui ?

«Il est très difficile pour nous de combattre dans l'arène des relations publiques: vis-à-vis des Palestiniens, nous sommes et nous serons toujours considérés comme la grande puissance. Et les médias prennent automatiquement position pour le plus faible. Les Juifs ont droit à l'auto-détermination, comme n'importe quelle autre nation dans le monde. Israël est le seul pays au monde à être menacé chaque jour, depuis le jour de sa création. Israël est menacé par d'autres pays, membres des Nations Unies, qui ont déclaré qu'ils voulaient voir Israël liquidé. Est-ce que les Nations Unies ou n'importe quelle autre organisation internationale a dénoncé ces pays une seule fois depuis la création d'Israël ? Non: seul Israël est l'objet de dénonciations et de boycotts. C'est incroyable: l'Iran finance le Hezbollah et d'autres organisations islamistes tous les jours; est-ce que la communauté internationale a fait quoi que ce soit pour empêcher cela ? Non !»

 

Interview réalisée le 31 mai 2005

Photo : Hervé Gross

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