Son Excellence M. Aharon Leshno-Yaar

M. Aharon Leshno-Yaar est Représentant Permanent d'Israël auprès des Nations Unies. Interview du 4 septembre 2008 : M. Leshno-Yaar remplace, depuis un peu plus de deux semaines, M. Itzhak Levanon à la tête de la Mission Permanente d'Israël au sein des Nations Unies, à Genève. La CICAD l'a interviewé.

 

 

Monsieur l’Ambassadeur, vous venez d’arriver à Genève pour remplacer M. Levanon à la Mission Permanente d’Israël aux Nations Unies. Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, quel est votre parcours et ce que vous attendez de votre travail comme ambassadeur ?

Cela fait 27 ans que je travaille pour le Ministère israélien des Affaires étrangères, où je me suis principalement occupé des questions israélo-arabes. J’ai notamment travaillé à Singapour, Canberra et Washington D.C.

 

Durant de nombreuses années, après mon retour des Etats-Unis, j’ai été directeur adjoint du Département Amérique du Nord, à Jérusalem, puis, directeur du Département Nations-Unies, toujours à Jérusalem.

 

J’ai également travaillé au sein des Missions Permanentes d’Israël auprès des Nations Unies à New-York, Paris et Genève, où j’ai été responsable de plusieurs initiatives israéliennes. J’ai, par exemple, joué un rôle actif dans l’incorporation du Magen David Adom au sein de la Croix Rouge internationale ; j’ai également été à l’origine d’une importante initiative israélienne qui a conduit à l’adoption par l’Assemblée générale d’une résolution sur les technologies agricultures, ainsi que d’une résolution relative à l’enseignement de la Shoah à l’UNESCO, à Paris.

 

Enfin, je suis arrivé à Genève, il y a deux semaines, pour prendre la tête de la Mission Permanente d’Israël auprès des Nations Unies. Ma femme Debbie et notre fils Yotam sont venus avec moi, mais nous avons du laisser en Israël nos deux filles ainées, Noa et Netta.

 

Ce nouveau poste sera synonyme pour moi d’un grand nombre de responsabilités. Bien entendu, ma responsabilité principale sera de représenter Israël auprès des Nations Unies, mais j’aurai également beaucoup à faire dans le domaine du commerce international, notamment avec l’Organisation Mondiale du Commerce.
Je me vois également comme un ambassadeur auprès des communautés juives, ainsi qu’auprès du Canton de Genève et des nombreuses institutions, telles que les universités, les médias, etc.

 

Mon programme se focalisera moins sur ce qui est négatif et plus sur ce qui est positif. C’est-à-dire que je souhaite souligner les capacités et les réussites d’Israël dans de nombreux domaines.

 

Le Jerusalem Post a récemment publié une information concernant la décision d’Israël de boycotter la conférence de «Durban II» à Genève. D’après vos informations, cette décision est-elle définitive ou existe-t-il une possibilité pour qu’Israël la reconsidère ?

Si je vois des changements spectaculaires dans la situation, il est bien évident que je serai très heureux de recommander à Israël de reconsidérer sa décision. Mais pour l’instant, toutes les indications que nous avons vont dans la direction opposées.

Nous regrettons amèrement cette situation parce qu’un tel événement devrait se pencher les problèmes réels de racisme et d’antisémitisme. Mais, pour le moment, il tend plutôt à n’être qu’un forum anti-israélien.

 

Quelques autres pays ont également annoncé qu’ils allaient boycotter la conférence. Est-ce qu’Israël a eu des contacts avec ces pays ?

Nous avons des contacts avec tous les pays qui sont représentés aux Nations Unies, y compris les pays avec lesquels Israël n’a pas de contacts diplomatiques. J’ai des contacts quotidiens avec les représentants de ces pays et nous suivons tous la préparation de la conférence de suivi de Durban. Mais, à nouveau, pour l’instant, toutes les indications dont nous disposons ne sont pas du tout encourageantes.

 

D’après le Jerusalem Post, vous allez prochainement rencontrer Mme Navi Pillay, Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme. Qu’attendez-vous de cette réunion ? Pensez-vous que Mme Pillay comprendra la position d’Israël ?

Ce rencontre sera une première pour elle et pour moi et sera très importante. C’est pourquoi j’ai vraiment hâte d’être présenté à Mme Pillay.
Un grand nombre de problèmes seront discutés lors de cette rencontre, y compris, bien entendu, la conférence de «Durban II».
Mme Pillay a exprimé son souhait que tous les pays soient représentés lors de cette conférence; mon souhait, tel que je le lui expliquerai, est que les conditions permettant à Israël d’y être représenté soient créées.

 

Pensez-vous que la Suisse, en tant que pays hôte de la conférence de «Durban II», a un rôle spécifique à jouer dans cette situation ? Que pensez-vous que les autorités suisses devraient faire pour éviter un «remake» de la première conférence de Durban ?

Pour toutes les questions concernant la Suisse, je laisserai le soin de répondre à mon collège, l’Ambassadeur d’Israël à Berne.

 

Interview réalisée par la CICAD (Julien Pellet), le jeudi 4 septembre 2008

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