Sep

24

2007

La justice roumaine libère René-Louis Berclaz

René- Louis Berclaz est de retour en Suisse, a-t-il fait savoir à «La Liberté» dans un e-mail envoyé cette semaine.

Le négationniste valaisan, qui faisait l'objet d'une enquête en Roumanie pour possession illégale d'arme à feu et pour propagande raciste et xénophobe, a reçu au début du mois de septembre l'autorisation de quitter le territoire du pays des Carpates.

«Les autorités compétentes de Roumanie ont fait savoir à l'Ambassade de Suisse à Bucarest que le ressortissant helvétique était libre de ses mouvements», confirme Jean-Philippe Jeannerat, chef de l'information du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Pour l'ancien secrétaire de Vérité et Justice, une association basée à Châtel Saint-Denis et interdite par la justice suisse en 2002, c'est la fin d'une année d'attente.

Quinze jours de prison
Arrêté en septembre 2006, en compagnie d'un Français, recherché pour tentative d'homicide, il avait tout d'abord passé 15 jours en prison pour les besoins des investigations. Les policiers roumains avaient en effet trouvé un fusil dans ses bagages et surtout des CD négationnistes. Ils l'accusaient de trafic d'armes.

«La justice roumaine me reproche de détenir un fusil de sport, un modèle en vente libre en Suisse, et de me livrer à de la propagande raciste et xénophobe», avait justifié le négationniste dans une interview qu'il avait accordée à «La Liberté» par e-mail ("LL", 30 juin 2007).

«Je croyais le détenir en toute légalité, sur la foi de renseignements que m'avait communiqués un ami roumain.» Quant aux «CD négationnistes en langue française», ils étaient destinés à «son usage personnel exclusivement». Voilà pour l'affaire qui aurait pu envoyer le Valaisan à l'ombre durant de longs mois. Reste à comprendre par quel miracle il est passé entre les gouttes de la justice du pays des Carpates?

«La loi roumaine ne permet pas de détenir un étranger pour enquête pendant plus d'une année», écrit le quinquagénaire que «La Liberté» a pu contacter, une nouvelle fois, sur son adresse e-mail.

Ni amende, ni caution
«Faute de n'avoir pu me déférer devant un tribunal pendant ce laps de temps, le Parquet d'Oradea m'a rendu mon passport et j'ai pu quitter la Roumanie le mardi 18 septembre dernier», poursuit le quinquagénaire qui a purgé plusieurs mois de prison, en Suisse, pour discrimination raciale.

«Il n'y a eu ni procès, par conséquent pas de condamnation pénale, ni amende, ni caution, ni aucune mesure administrative restrictive à mon endroit», ajoute René- Louis Berclaz.

En revanche, René-Louis Berclaz ne dit rien de ce qu'il va faire en Suisse, ni où il va s'établir.

Selon certaines sources, il aurait un pied-à-terre en Valais. Reste une seule certitude : l'homme continuera à propager le négationnisme, de son propre aveu.

Chronologie

1995 : Le Valaisan René-Louis Berclaz s'établit à Châtel Saint-Denis. Avec le secrétariat de l'association négationniste Vérité et Justice.

1998 : René-Louis Berclaz est candidat à la Préfecture de Veveyse. Le Tribunal pénal de la Veveyse le condamne à quatre mois de prison avec sursis pour discrimination raciale.

2000 : Vérité et Justice envoie un contre-rapport Bergier aux parlementaires fédéraux. Plainte du conseiller national genevois Patrice Mugny.

2002 : Condamnation à huit mois de prison pour discrimination raciale et calomnie par le Tribunal de la Veveyse. Vérité et Justice est dissoute.

2003 : Nouvelle enquête contre René-Louis Berclaz pour publication négationniste. Le Veveysan, qui doit purger sa peine, quitte la Suisse sans laisser d'adresse. Un mandat d'arrêt international est lancé.

2004 : La justice retrouve sa trace en Serbie. Il se rend aux autorités à l'ambassade de Suisse, à Budapest. Il purge sa peine. De son côté, depuis plusieurs mois, la
CICAD
n’avait eu de cesse :

- d’intervenir auprès des autorités judiciaires de Genève et Lausanne pour dénoncer la distribution des tracts négationnistes sur lesquels figuraient une tête de mort et la mention : « Holocauste c’est du bidon » ;

- d’informer les médias de son exil en Serbie-Monténégro sous prétexte que « ce pays est sans doute le dernier Etat européen à ne pas disposer d’une loi réprimant le “racisme” ».

- Informée de ce départ, la CICAD était intervenue auprès de l’Ambassadeur de Serbie en Suisse, S.E M. Dragoljub M. POPOVIC auprès duquel elle apprenait que son pays disposait de textes juridiques sanctionnant l’appel à la discrimination raciale, politique ou religieuse. (code pénal yougoslave de 1992, art. 134 – encore en vigueur - Charte des droits de l’Homme, des minorités et des libertés civiles de 2003, art. 3 et 51) ;

- de solliciter l’intervention des autorités judiciaires du canton de Fribourg et de l’Office fédéral de la Justice pour requérir l’extradition de René-Louis Berclaz afin qu’il purge sa peine (cf. courrier à l’Office  fédéral de la Justice – 19 août 2004) ;
             
2005 : Il est libéré conditionnellement.

2006 : Arrestation en Roumanie en septembre.

Sources :
Romandie News - samedi 22 septembre 2007, La Liberté - samedi 22 septembre 2007

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