Jun

06

2007

L'Iran remet en cause la Shoah devant le Conseil des droits de l'homme

Dans une lettre de deux pages et demie adressée le 8 janvier à Luis Alfonso De Alba, Président du Conseil des Droits de l'homme, Ali Reza Moayeri, l'Ambassadeur d'Iran à Genève, a pris la défense de la Conférence négationniste sur la Shoah qui s'est tenue, en décembre, à Téhéran.

 

Rappelons que certains participants à cette conférence, comme l'Australien Frederick Toben ont prétendu que l'existence des chambres à gaz était un «mensonge absolu».

 

Rappelons également qu'à de multiples reprises, Mahmoud Ahmadinejad, le Président iranien, a qualifié de «mythe» le génocide des Juifs et a annoncé qu'Israël devait être «rayé de la carte».

 

A la Mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU, on ne cache pas son malaise. La Suisse s'est battue pour la mise en place de ce Conseil des Droits de l'Homme et y occupe, jusqu'en juin prochain, la vice-présidente.

 

«Nest-ce pas en raison même de l'Holocauste que la Commission des Droits de l'Homme a été créée, afin d'éviter qu'un tel crime se reproduise?», rappelle un diplomate.

 

A Berne, le Département Fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) souligne qu'il a fermement condamné la conférence sur l'Holocauste organisée à Téhéran. La Shoah est «un fait historique dont la remise en question est inacceptable», avait indiqué en décembre Johann Aeschlimann, porte-parole du DFAE.

 

Indignée par le contenu de la lettre de l'Ambassadeur iranien (qui met aussi gravement en cause Israël), la CICAD proteste contre le manque de fermeté de la Suisse vis-à-vis de l'Iran.

 

«Une déclaration ne suffit pas. Nous attendons un communiqué officiel de Mme Micheline Calmy-Rey prenant fermement position contre les déclarations du Président iranien et de ses représentants», souligne Philippe A. Grumbach, Président de la CICAD. Il rappelle que c'est la première fois qu'un pays membre de l'ONU (l'Iran) appelle ouvertement à la destruction d'un autre pays membre (Israël).

 

«L'Iran veut tuer une deuxième fois les victimes juives de la barbarie nazie», ajoute Philippe A. Grumbach.

 

Le 27 décembre 2006, deux semaines après la conférence de téhéran, il s'est tenu au Caire une conférence intitulée «Le mensonge de l'Holocauste et l'holocauste arabe de palestine».

 

L'Egypte ne s'est pas jointe à cette opération, organisée par de petits partis politiques arabes, mais l'a autorisée. Si les médias égyptiens n'ont pas couvert cette conférence, la télévision iranienne Al-'Alam a accordé 25 minutes à la session d'ouverture.

 

Le Matin - dimanche 14 janvier 2007

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