May

05

2008

«Genève à chaud» reçoit Itzhak Levanon et Philippe Grumbach

Invités de l’émission Genève à chaud, sur la chaîne genevoise Léman Bleu, hier soir : Itzhak Levanon, ambassadeur d’Israël au Nations Unies (1), et Philippe Grumbach, Président de la CICAD (2).

1) Extraits de l’interview d’Itzhak Levanon :

Est-ce que 60 ans après [la fondation d'Israël], vous faites partie de ceux des Israéliens qui ont encore fondamentalement peur, peut-être, qu’un jour, Israël n’existe plus ?

Peur, je ne crois pas. Mais il n’empêche qu’il ne faut pas négliger, ou ignorer, ou oublier ce qu’on entend aujourd’hui, lorsque vous avez un président d’un Etat, l’Etat iranien, qui prône ouvertement la destruction d’un Etat. Ce n’est pas une question de peur, [mais] on doit être très conscient de ce qui se passe autour de nous.

[...]

On a beaucoup glosé sur cette non-invitation [du Conseil fédéral pour le 60e anniversaire d'Israël]. Je sais qu’en Israël, certains ont essayé de calmer les choses en disant que c’est plutôt le réseau personnel de votre président, M. Shimon Peres, qui était invité. Qu’en pensez-vous ?

Premièrement, ce qui est beau dans les relations entre deux pays, que ce soit la Suisse et Israël ou d’autres pays, c’est que ces relations ne sont jamais permanentes, ce sont des choses qui changent…

Comme dans un couple, au fond...

Bien sûr ! La seule question, c’est qu’il y [doit y avoir] de la bonne volonté de part et d’autre, donc on travaille, on investit, [on fait des] efforts pour renforcer ces relations. C’est le cas avec la Suisse, avec laquelle on a eu, pendant ces 60 dernières annés, des relations excellentes et très fructueuses. La Suisse est considérée en Israël comme un Etat très amical […]. Donc, c’est dans cette atmosphère là que je vois les relations entre votre pays et le mien.

[…]

Mme Calmy-Rey, notre Ministre des Affaires étrangères, est allé voir […] le Président iranien, l’homme qui veut expressément détruire Israël […]. Comment avez-vous perçu cette image ?

[...] Tout le monde sait ce que M. Ahmadinejad est en train de dire et de faire ; je crois qu’il faut le prendre au sérieux, et je crois que pas seulement Israël devrait le prendre au sérieux, mais tous les amis d’Israël, y compris la Suisse.

2) Extraits de l’interview de Philippe Grumbach

On a quand même le sentiment d’une tension actuellement, liée quand même à certaines prises de position, disons depuis quelques années, du DFAE. Est-ce que vous partagez ce point de vue ou cette analyse ?

Je dirais, si vous me permettez, depuis plusieurs mois ou plusieurs semaines, puisque Micheline Calmy-Rey a manifestement disqualifié la politique de neutralité de la Suisse, en se rendant d’une part en Iran, pour signer un contrat dont le seul bénéficiaire n’est pas la Suisse, mais l’Italie, c’est ce qu’on a appris après ; et surtout […] en apportant une caution politique inespérée au président iranien. Je vous rappelle que le président iranien a organisé une conférence négationniste il y a une année à Téhéran, pour nier l’existence des chambres à gaz.

Alors selon vous, comment est-ce que Mme Calmy-Rey doit faire pour réparer cette erreur, pour le moins d’image, voire pire ?

Je pense qu’elle doit rééquilibrer la politique du DFAE […] vis-à-vis du Moyen Orient et, lorsqu’on lit aujourd’hui dans la presse qu’elle s’étonne de ne pas avoir été invitée en Israël à l’occasion du 60ème, prétextant que sa politique est équilibrée, je pense qu’elle se moque du monde puisque sa politique est fortement déséquilibrée. Je vous rappelle […] également qu’au mois de mars 2008, aux Nations Unies à Genève, la Suisse a été le seul pays d’Europe occidentale à voter au Conseil des Droits de l’Homme une résolution violement anti-israélienne au sujet de la politique des droits de l’homme en Israël.

Vous, comme Juif de Suisse, […] vous avez le sentiment qu’il y a deux poids deux mesures lorsque le DFAE intervient par des communiqués sur le monde palestinien d’une manière générale ou sur Israël ?

En ma qualité de citoyen suisse de confession juive, j’ai effectivement le sentiment en ce moment que, s’agissant du DFAE, il y a effectivement deux poids deux mesures. Mais cette observation ne s’applique qu’à la politique de Micheline Calmy-Rey, je ne dirais pas qu’elle s’applique à la politique du Conseil fédéral […].

Là, vous le dites sur ce plateau, [mais] est-ce qu’il ne faudrait pas le lui dire à elle ?

Nous avons eu déjà plusieurs entretiens avec elle sur ces questions précises et manifestement nous n’avons pas été entendus à ce jour.

Source: Léman Bleu - lundi 5 mai 2008

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