Nov

03

2014

Rafles de 1943 : le martyre des enfants de la Verdière à Marseille

Près de 350 personnes ont repris le flambeau hier pour commémorer le triste anniversaire de l'arrestation le 20 octobre 1943 de 31 enfants juifs qui résidaient dans le quartier de La Rose.

Alors que les derniers survivants de la Shoah se font chaque année moins nombreux, près de 350 personnes ont repris le flambeau hier pour commémorer le triste anniversaire de l'arrestation le 20 octobre 1943 de 31 enfants juifs qui résidaient dans le quartier de La Rose à Marseille (13e); arrestation suivie de leur déportation puis de leur assassinat au camp d'extermination d'Auschwitz.

En présence de Jean-Jacques Zenou et Michèle Teboul, respectivement président du Comité des enfants de la Verdière et du CRIF Marseille Provence, élus et représentants de la communauté juive étaient rassemblés devant la stèle érigée au nº40 de l'avenue de la Rose, à l'endroit même où, il y a 74 ans, se dressait la maison connue à l'époque sous le nom de "Château de la Verdière".

Au matin du 20 octobre 1943...

À partir de mai 1943, l'Union générale des israélites de France y accueillait des femmes et des enfants juifs raflés puis placés sur ordre de la Gestapo. Une véritable assignation à résidence puisqu'il leur était interdit de quitter les lieux en famille - deux enfants devaient y demeurer en permanence - et tous devaient impérativement réintégrer la maison le soir même. Malgré cela, on aurait pu les croire relativement à l'abri des exactions de l'occupant nazi et de ses collaborateurs locaux. Il n'en fut malheureusement rien.

Au matin du 20 octobre 1943, la Gestapo investît le château de La Verdière et arrêta tous ceux qui s'y trouvaient, soit 31 enfants âgés de 6 mois à 17 ans, six de leurs mamans et la directrice de l'établissement, Alice Salomon. Leur calvaire ne faisait que débuter. Ils furent dirigés dans un premier temps vers Drancy puis déportés à Auschwitz à bord des convois 61, 62 et 68 des 28 octobre 1943, 20 novembre 1943 et 1er février 1944. Tous périrent dans les chambres à gaz avant que leur corps ne soit brûlé dans les fours crématoires.

Sombre épisode de l'histoire de Marseille

Cet épisode parmi les plus sombres de l'histoire contemporaine de Marseille aurait pu s'effacer de la mémoire collective si les historiens Suzette Hazzan et Albert Aben n'avaient pas rouvert le dossier au début des années quatre-vingt-dix, reconstituant chaque acte de la tragédie.

L'occasion hier pour Denise Toros-Marter, la présidente de l'Amicale des déportés d'Auschwitz, d'appeler une fois encore à la plus grande vigilance alors que des voix s'élèvent à nouveau en France et dans le monde pour prôner la haine, l'exclusion et la peur de l'autre.

 

 

Source:laprovence.com, 3 novembre 2014

CICAD en action

  • 180 participants à la 17e journée d’études d’Auschwitz-Birkenau organisée par la CICAD

    Mercredi 23 novembre 2016, élèves et enseignants ont durant une journée organisée par la CICAD, vu et entendu le vécu concentrationnaire de millions de victimes. Ce voyage annuel, fruit d’un partenariat avec les départements d’instruction publique romands depuis plusieurs années, est une journée riche en enseignements qui rappelle à chacun qu’il faut rester vigilant face à l’antisémitisme.