Nov

25

2006

Voyage à Auschwitz 2006

Mercredi 29 novembre 2006, la CICAD organisait au départ de Genève et pour la sixième année consécutive, une visite du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

Ce voyage a rassemblé 163 personnes, dont 59 enseignants du canton de Genève, 10 du Valais, 5 du canton de Vaud, 16 du canton de Fribourg et 4 du Jura.

Parmi les participants, se trouvaient quatre rescapés, porteurs d’une partie de l’histoire et vecteurs de la mémoire:

 

Noëlla Rouget, résistante française, arrêtée à Angers et déportée de 1943 à 1945, à Ravensbrück. Elle n’avait alors que 18 ans. Lorsqu’elle fut libérée, en avril 1945, lors de négociations entre Himmler et de Gaulles, Noëlla Rouget ne pesait que 31 kilos. Actuellement, elle intervient fréquemment dans les écoles pour raconter et expliquer les raisons de son engagement.

David Planer, quant à lui est né en 1929 et a été déporté à Auschwitz, alors qu’il n’était qu’un jeune adolescent.

Laszlo Somogyia été déporté de juin 1944 à avril 1945, dans deux camps de travail en Autriche : l’un à Staffhof et l’autre à Wifo-Lager.

Enfin, Jean Mondsheima été déporté à l’âge de 13 ans, à Ravensbrück.

 


Le Rabbin Alain Nacache et le Pasteur Antoine Reymond
© CICAD

 

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M. Jean-Marie Brandt, Président de la Fédération catholique vaudoise
© CICAD

 


Noëlla Rouget
© CICAD
 

Laszlo Somogyi
© CICAD

 

Comme chaque année, une cérémonie de recueillement clôturait la découverte de Birkenau. Les allocutions des représentants religieux ont été ressenties avec une vive émotion.

 

«Face à Auschwitz, il n'est pas d'innocent et chacun porte sa part du stigmate, son morceau d'étoile.

Venir ici en témoigner, en parler, puis porter cette parole en tous lieux, en tous temps, n'est-ce pas le moindre de nos devoirs face au crime, face à l'antisémitisme, qui est un péché contre Dieu et contre l'humanité, nous le savons tous aujourd'hui», a relevé M. Jean-Marie Brandt, Président de la Fédération catholique vaudoise.

 

Le Pasteur Antoine Reymond, membre du Conseil synodal de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud, a exprimé sa reconnaissance d'avoir pu prendre part à ce pèlerinage.

Lors de son intervention, il a rappellé: «Ce qui s’est passé ici est unique: un monde disparu, ce monde qui était tellement une part de notre propre civilisation et qui nous manquera à jamais.

Certes, des lambeaux en sont reconstitués, mais une ombre indélébile marque à jamais la vie juive, la vie des Etats et des Eglises. Ce qui s’est passé ici est unique: apprenons au moins à lutter contre ce qui instille le rejet d’abord, puis la peur qui conduit à la mort».

 

Le Rabbin Alain Nacache, Rabbin de la Communauté Israélite de Lausanne et du Canton de Vaud, a également appelé à une grande vigilance «afin que ce passé ne soit pas notre avenir».

Et de préciser: «Il est de bon ton de nos jours de dire que les juifs sont paranoïaques. On nous reproche de voir l’antisémitisme partout, de déformer exagérément des propos ou des attitudes qui relèveraient, nous dit on, plutôt de la bêtise ou de la maladresse. Face à ces baraquements, ces chambres de concentrations et de mort je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas qu’on puisse nous faire un tel reproche (...)».

 

Le voyage de la CICAD se termine silencieusement, la plupart des participants étant plongés dans leurs pensées, en proie à de nombreuses interrogations. «Comment des gens civilisés ont-ils pu faire cela sans état d'âme ?» questionne Noëlla Rouget. 

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