Nov

27

2007

Voyage à Auschwitz 2007

Le septième voyage de la CICAD à Auschwitz s’est déroulé le mercredi 28 novembre 2007, en présence de trois déportés qui ne ménagent pas leurs efforts, tant moraux que physiques pour être présents.

 

«Il y a longtemps que je voulais faire ce voyage. L’année dernière déjà, j’avais beaucoup hésité, mais cette année, je me sentais prête même si je savais que cette journée allait me bouleverser» affirmait une enseignante du Valais qui faisait partie des 167 participantsau voyage de la CICAD, à destination d’Auschwitz.

 

Ce dernier s’est déroulé le mercredi 28 novembre 2007, en présence de trois déportés qui ne ménagent pas leurs efforts, tant moraux que physiques pour être présents: M. Laszlo Somogyi déporté dans deux camps de travail en Autriche, Mme Ruth Fayon, déportée à l’âge de 15 ans à Auschwitz ainsi que Mme Noëlla Rouget, résistance française déportée à Ravensbrück à 18 ans.

 

Les survivants des camps se font hélas de plus en plus rares et il est donc impératif de trouver un relais à cette mémoire fragile. Qui mieux que les enseignants peuvent le faire ? C’est pourquoi le voyage est en grande partie composé de professeurs venant des cantons de Genève, Fribourg, Jura, Valais et Vaud.

 

Trois représentants religieux répondaient à l’appel de la CICAD : M. Le Grand Rabbin de Genève Izhak Dayan, M. le Pasteur Shafique Keshavjee, ainsi que M. Claude Ducarroz, Prévôt de la Cathédrale Saint-Nicolas.


Le Prévôt Claude Ducarroz
© CICAD

 


Le Pasteur Shafique Keshavjee
© CICAD

 


Le Prévôt Claude Ducarroz et le Grand Rabbin Izhak Dayan
© CICAD

 

Comme chaque année, une cérémonie de recueillement clôture la visite de Birkenau. Les allocutions des représentants religieux viennent, avec émotion, briser le silence.

«C’est la quatrième fois que je viens ici à Auschwitz-Birkenau, toujours avec la même émotion, la même colère, la même prière et je dirai surtout la même douleur» commence le Prévôt Duccaroz.

 

«Je suis né le 23 novembre 1939. Pour moi Auschwitz n’est pas une histoire passée, c’est mon histoire. Je vivais déjà quand ca se passait ici.

Ceux qui sont morts ici sont des contemporains. Les contemporains de l’horreur et je ressens comme une honte et presque une culpabilité. Pourquoi eux, pourquoi pas moi ? Pourquoi moi, pourquoi pas eux ?

J’ai surtout une conviction et je leur en suis infiniment reconnaissants : ils sont aussi morts pour moi : pour ma liberté, ma dignité, pour mon humanité (…)».

 

«Notre visite aujourd’hui dans cet enfer terrestre, dans ce haut-lieu sinistre d’isolation, de persécution, de déshumanisation et de dégradation de l’être humain, a un seul objectif : préserver et transmettre la mémoire de la Shoah, non seulement pour faire face à l’oubli, mais aussi pour prévenir l’oubli, et par là, préserver l’avenir(…)», a continué le Grand Rabbin de Genève.

 

«En combattant ensemble la haine et l’intolérance, nous pourrons œuvrer pour un monde meilleur où règnent la paix et la fraternité entre les Hommes», a-t-il souligné.Le chant El Male Rahamim (Dieu empli de miséricorde) a été déclamé, avec une émotion intense, par ce dernier. Cette prière, faisant partie du rite funéraire juif, évoque le souvenir des six millions de Juifs disparus au cours de la Shoah.

 

Le Pasteur Shafique Keshavjeeconclura: « Parler… Aucune parole humaine ne peut exprimer l’innommable. Et aucune parole humaine ne peut restituer la vie à ce qui a été anéanti…

Se taire alors… ? Aucun silence ne peut soulager l’insupportable. Et aucun silence ne peut constituer un rempart à l’inacceptable…

Ainsi, face à l’abîme, la parole comme le silence semblent inadéquats. Et pourtant il nous faut nous taire pour essayer de mieux entendre. Et pourtant il nous faut parler pour essayer de continuer à vivre.

Nous sommes des vivants qui parlons de meurtres et de morts. Or les meurtris et les morts eux ne parlent plus, même si leurs meurtres et leurs morts nous parlent encore (…)». 

CICAD en action

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