Nov

24

2009

Voyage à Auschwitz 2009

Mercredi 25 novembre 2009, 161 personnes participaient au déplacement annuel de la CICAD à destination du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.Ces voyageurs, enseignants et élèves pour la plupart, prenaient ainsi part au voyage d’étude, qui, depuis novembre 2000, est organisé chaque année par la CICAD, et qui a pour objectif de préserver la mémoire de la Shoah. La transmission de cette mémoire est en effet un outil indispensable pour éduquer contre l’intolérance et l’actualité nous rappelle, jour après jour, combien nous nous devons de rester vigilants.

 

Au programme de cette journée forte en émotion: visite du camp de Birkenau (Auschwitz II) le matin, puis, après une cérémonie commémorative, visite du camp d’Auschwitz I et de son musée l’après-midi.

 

Une journée intense, tant émotionnellement que physiquement, mais dont le souvenir restera longtemps gravé dans la mémoire des participants, à l’égard de cet homme dont la vie «ne sera plus jamais comme avant».

 

Cette année encore, les participants ont eu l’immense privilège d’être accompagné de deux rescapés de la Shoah, qui leur ont fait partager leurs souvenirs et leur ont permis d’appréhender quelque peu les conditions de vie dans les camps nazis. Il s’agissait de M. David PLANER, déporté à Auschwitz en 1942 à l’âge de 13 ans, et de M. Laszlo SOMOGYI, déporté dans deux camps de travail en Autriche.Leur présence tout au long de cette journée, ainsi que leur témoignage, étaient précieux et émouvants. 

Alain Bruno Lévy, Président de la CICAD, et Laszlo Somogyi, rescapé
© CICAD

Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD, et David Planer, rescapé
© CICAD

Comme le relevait M. Alain Bruno LEVY, Président de la CICAD, ces survivants de l’horreur sont de moins en moins nombreux à pouvoir témoigner et il incombe désormais aux générations qui n’ont pas vécu la guerre de se faire «porteurs de mémoire». Un message qui semble avoir été entendu par les participants, notamment par les enseignants puisque nombreux sont ceux qui estiment que leur approche de cette période dans le cadre de leur travail sera désormais bien différente.

 

De même que pour chaque voyage, trois personnalités représentant chacune une communauté religieuse avaient également répondu présentes à l’invitation de la CICAD afin, au-delà des clivages et appartenances, d’exprimer lors d’une cérémonie de recueillement la douleur ressentie par tous sur ce lieu. Il s’agissait de Monsieur Louis BOTH, Chancelier de l'Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg, du Pasteur Nicolas GENEQUAND, Responsable de l’Animation jeunesse de l'Eglise protestante de Genève, et du Rabbin Mendel PEVZNER, responsable des Institutions 'Habad de Genève. Tous trois ont su trouver les mots justes, lors de la cérémonie commémorative, pour rendre dignement hommage aux millions de victimes du nazisme.

 

Mentionnons également la présence de Marianne GANI, Vice-présidente de la Communauté Israélite de Lausanne et du Canton de Vaud (CILV), de Jonathan KREUTNER, Secrétaire général de la Fédération Suisse des Communautés Israélites (FSCI) et de Suzanne SAITOWITZ, Secrétaire générale de la Plateforme des Juifs Libéraux de Suisse (PJLS).

 

A relever, enfin, la participation cette année de 28 élèves venant de l’Ecole Internationale de Genève et de l’Ecole Moser, de Genève et Nyon. Ces élèves, âgés pour la plupart de 17 ans, représentent l’avenir et leur participation à ce voyage était, à ce titre, primordiale. Car, comme le souligne une participante, «il faut que ce moment authentique puisse être vécu à travers les générations. Cette visite ne doit jamais cesser !»

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Discours prononcé par Alain Bruno Lévy, Président de la CICAD, à l'occasion du voyage à Auschwitz-Birkenau le 25 novembre 2009:

«En ce lieu de désolation hanté par la souffrance indicible des victimes, quels mots prononcer ? Les mots sont-ils assez forts pour évoquer le sort funeste de ces millions d'êtres anéantis par une politique meurtrière basée sur une idéologie raciste et antisémite. Comment s'exprimer et rendre hommage à tous ces êtres privés non seulement de leur vie, mais aussi de leur tombe parce qu'ils sont nés juifs. N'est-ce pas le recueillement et le silence qui devraient présider à cette journée aujourd’hui comme dans les temps futurs ?

 

Le silence est lâche. Les victimes nous interpellent. Le silence a été celui de tous ceux qui ont su et qui n'ont rien dit, rien entrepris pour empêcher cette folie monstrueuse d'anéantissement de l'humanité.

 

Non, ce n'est pas se taire mais au contraire crier que nous avons envie. Crier pour dénoncer tous ceux qui veulent nier l'évidence, celle que vous voyez aujourd'hui et pour dire jamais plus. Ce sont les visages de ces hommes, ces femmes et ces enfants aux yeux apeurés, massacrés, anéantis, gazés et brulés qui apparaissent dans ce brouillard. Ces sacrifiés sur l’autel de l'inhumanité nous demandent de ne pas et de ne jamais oublier. Notre mémoire est leur tombe. Crier "plus jamais", hurler pour que le monde sache où mènent l'antisémitisme et le racisme, à cet abîme apocalyptique.

 

A l'heure où les rescapés témoins de l'horreur disparaissent, se taire serait une complicité. Nous avons tous un impérieux devoir de mémoire et ce voyage est pour nous et doit être pour nous le début d'un engagement pour le futur de l'humanité. Aujourd'hui rassemblés pour nous souvenir, nous accomplissons un acte de rédemption sans répondre à cette lancinante interrogation qui nous habite: comment l'homme a-t-il pu concevoir et créer Auschwitz ? Il n'y a pas de réponse comme il y en a mille. Vous qui pouvez par cette visite appréhender cette plaie honteuse qu'est Auschwitz pour l'humanité, exprimez-vous et militez pour lutter contre toute forme d'antisémitisme et de racisme. Les victimes et leurs familles vous le demandent, elles qui ont été oubliées du monde lorsqu'elles furent exterminées. Engagez-vous pour ce "jamais plus" afin que nous puissions garder cet espoir en l’avenir du genre humain.» 

 

© CICAD

CICAD en action

  • 180 participants à la 17e journée d’études d’Auschwitz-Birkenau organisée par la CICAD

    Mercredi 23 novembre 2016, élèves et enseignants ont durant une journée organisée par la CICAD, vu et entendu le vécu concentrationnaire de millions de victimes. Ce voyage annuel, fruit d’un partenariat avec les départements d’instruction publique romands depuis plusieurs années, est une journée riche en enseignements qui rappelle à chacun qu’il faut rester vigilant face à l’antisémitisme.