La CICAD réagit à la chronique de Pascal Décaillet
"Lorsqu'on impose à quelqu'un des questions, avec obligation de répondre, cela s'appelle, très clairement, un interrogatoire. Pour mener une telle entreprise, il faut avoir qualité de commissaire de police, ou d'inspecteur. Professions que n'exercent pas, à ma connaissance, les responsables de la Cicad, Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation, organisation respectable, mais ne jouissant d'aucune espèce de droit à exiger de recevoir en retour les questionnaires qu'elle a adressés aux 400 candidats romands, dont 97 Genevois, aux Chambres fédérales.
Des questionnaires portant sur l'antisémitisme en Suisse, la norme antiraciste, mais aussi la politique de l'Etat d'Israël, toutes choses intéressantes, mais dont le libellé trop fermé, exigeant des réponses trop courtes, a déplu à nombre de récipiendaires. Les responsables du Parti radical suisse ont recommandé à leurs membres de ne pas y répondre ; ceux du Parti radical genevois, plus souples, ont choisi de ne pas donner suite à toutes les questions.
Quand on voit que la Cicad se propose de publier bientôt les réponses nominales de tous les candidats, on se demande si ce groupement ne commence pas à se prendre pour une commission sénatoriale américaine à l'époque de McCarthy, voire pour un tribunal d'Inquisition. A ce petit jeu, visant à distribuer aux citoyens de bonnes et mauvaises notes, les radicaux genevois ont eu mille fois raison de ne pas se laisser prendre, et les radicaux suisses encore plus, en invitant leurs membres à un classement vertical. Oui, Messieurs de la Cicad, on peut parfois défendre de grandes causes avec de tout petits procédés. La vôtre, assurément, mérite mieux qu'un recensement pusillanime, plus proche de l'affaire des fiches que de la défense des droits humains".
La CICAD réagit à la chronique de Pascal Décaillet
"A la veille des prochaines échéances électorales, la CICAD a jugé utile de faire connaître aux électeurs le positionnement des candidat-(e)-s romands sur les sujets qui la préoccupent. Les questions portaient tant sur la politique intérieure (norme pénale antiraciste, antisémitisme, etc.) que sur la politique extérieure (l’Iran, le confit israélo-palestinien, le Hezbollah, la Hamas, etc.). Les réponses possibles étaient majoritairement directes et sans possibilité d’ambigüité, favorisant ainsi un positionnement clair et sans équivoque. Cependant, afin de permettre aux différents candidats de développer plus largement leurs arguments, la possibilité a été offerte à ceux qui en avaient exprimé le souhait d’adresser leurs commentaires. Ils seront bien évidemment disponibles aux côtés des réponses au questionnaire sur notre site www.cicad.ch.
476 candidats ont été contactés, 278 (soit 58.4%) ont répondu à ce questionnaire. La démarche citoyenne de la CICAD, aussi répandue qu’acceptée dans nos démocraties (preuve en est la «pléthore de questionnaires» dont se réclamait le PRD pour censurer le nôtre), est un outil d’aide à la décision offert à l’ensemble de nos concitoyens.
Pascal Décaillet accuse la CICAD d’avoir imposé un questionnaire aux différents candidats avec obligation de répondre. C’est paradoxal de lire un tel commentaire laissant imaginer au lecteur que nous aurions séquestré l’ensemble des candidats jusqu’à obtention d’une réponse. Ce genre de commentaire est pour le moins décevant et ne rend clairement pas grâce à l’intelligence de son auteur. Reproche nous est fait d’avoir voulu questionner les candidats sur des sujets qui préoccupent un nombre important de nos concitoyens et qui sont malheureusement peu, voire pas, abordés dans nos médias. M. Décaillet entendrait régenter ou museler la société civile? Nous n’aurions ainsi plus le droit de questionner nos candidats. Nous, électeurs, devrions voter à l’aveugle. Une vision peu alléchante de la politique. Ce n’est pas ainsi que nous envisageons la vie politique, ni d’ailleurs, l’engagement citoyen. Nous militons en faveur d’un rapprochement entre nos politiciens et la société civile.
Notre combat en faveur des droits de l’Homme s’est toujours inscrit dans une démarche de dialogue en faveur de l’intérêt collectif. Il est regrettable que la démarche de M. Décaillet ressemble à une manœuvre politicienne, à la veille de la publication sur notre site des informations recueillies auprès des candidats. Quel dommage que M. Décaillet ait fait le choix de publier une telle chronique sans prendre le temps de nous entendre et ainsi détenir l’ensemble des informations sur cette affaire. Formons le vœu qu’à l’avenir il fasse preuve de plus de clairvoyance".
Sources : Tribune de Genève - jeudi 27 septembre 2007, Tribune de Genève - vendredi 28 septembre 2007
