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Le Courrier : "Le journal du Parti radical accusé d'antisémitisme"


 


Le Confédéré refait parler de lui. On se souvient d'une plainte déposée fin septembre contre le journal du Parti radical valaisan par l'UDC Oscar Freysinger au sujet de l'affiche «Autrichiens: on a déjà donné».

 

Publiée dans l'hebdomadaire radical, elle montrait une photo du conseiller national d'origine autrichienne à côté de celle d'Adolf Hitler.

 

Le rédacteur en chef du Confédéré, Adolphe Ribordy, a continué sa croisade contre la «violence gratuite» de l'UDC en publiant un court article dont un passage fait cette fois bondir la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD).

 

Le passage, jugé «antisémite et scandaleux», se trouve sur le site du Confédéré. On y lit: «Il semble bien que l'UDC veuille s'accaparer le pouvoir et la richesse du pays (un peu comme les juifs dans l'affaire des fonds), se le partager entre eux comme l'actionnaire milliardaire qui est leur leader et rendre ensuite la dépouille décharnée à la population

 

«Ce dérapage – sous prétexte d'un combat politique– rappelle une littérature antisémite que nous pensions révolue à jamais, surtout dans notre pays», écrit Johanne Gurfinkel, secrétaire général de la CICAD, dans un communiqué de press, diffusé hier (voir rubrique "Evénement" de la newsletter de ce jour).

 

Il y précise qu'il a auparavant contacté M. Ribordy pour lui demander de retirer ses propos et de s'excuser publiquement. Au contraire, celui-ci a renversé la situation en demandant des excuses à la CICAD pour avoir osé «engager un procès d'intention que n'aurait pas désavoué Torquemada».

 

Même si M. Gurfinkel, dans un courrier adressé le 15 octobre, donnait quarante-huit heures à M.Ribordy pour lui adresser une réponse écrite, cela justifiait-il de comparer la CICAD au grand inquisiteur qui a exterminé les juifs d'Espagne? M.Ribordy «passe au stade de l'ignominie», réagit le secrétaire général par téléphone. Mais le Valaisan persiste et signe.

 

Dans le Confédéré d'aujourd'hui, il publie sa réponse à la CICAD. La citation ne «permet pas d'extrapoler cette remarque à l'ensemble de la communauté juive, il s'agit seulement de l'affaire des fonds juifs (en déshérence, ndlr) menée par le Congrès juif mondial». Dont les dirigeants ont profité d'une partie de la distribution des fonds, ajoute le rédacteur en chef. Et encore: «Toutes les controverses qui naissent autour du monde juif ou de la notion antisémite sont d'une hypocrisie insupportable.» Il appuie son propos par une réflexion sur la «manipulation» du terme «antisémite».

 

Si elle n'envisage pas d'action judiciaire, la CICAD demande au Parti radical valaisan, dans le communiqué, de prendre publiquement position sur l'affaire.

 

Président de la section valaisanne et vice-président à l'échelle suisse, Léonard Bender nous reçoit sèchement: «Je n'ai pas pour habitude de répondre à des courriers que je n'ai pas reçus. A moins que vous soyez le télégraphiste de la CICAD...»

 

Goûtant peu aux «méthodes» de l'association juive, le Valaisan évoque le questionnaire électoral que l'organe juif avait envoyé aux candidats aux élections fédérales et auquel le Parti radical valaisan avait refusé de répondre pour ne pas se laisser instrumentaliser.

 

Quant à l'UDC, connue pour soigner son statut de victime, elle semble se réjouir de la polémique. Le site de la section valaisanne, dans un article titré «Cette fois, c'est pour les juifs», reproduit le «commentaire» de Ribordy «sans commentaire, car il vaut son pesant d'or et peut-être... de voix (mais on verra pour qui le 21 octobre...)».

 

Source : Le Courrier - vendredi 19 octobre 2007