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L’extrémisme de droite valaisan sous surveillance


 


Facile de mesurer l’importance que revêt la lutte contre l’extrémisme de droite à la police cantonale valaisanne. Il suffit d’entrer dans le bureau sédunois du chef du groupe d’investigations spéciales.

 

On y découvre rapidement un drapeau à la croix gammée et un autre avec la croix celtique, séquestrés ces dernières années.

 

Chef de cette unité de la sûreté méconnue du public, Michel Sierro s’occupe de la sécurité intérieure du canton.

 

Il conduit notamment des enquêtes dans le domaine de la protection de l’Etat et assure l’organisation de mesures de sécurité des personnes à haut risque.

 

La lutte contre l’extrémisme violent, le terrorisme, l’espionnage, le crime organisé et la criminalité économique font partie de ses tâches.

 

«Ces dernières années, 70% de notre activité concernent l’extrémisme de droite, Mais il ne faut pas peindre le diable sur la muraille. Si ces jeunes sont visibles, notamment le week-end, il s’agit d’une quarantaine de personnes. Et une douzaine seulement sont véritablement actifs. Le reste de notre temps est consacré notamment à diverses communautés et dans une moindre mesure à l’extrémisme de gauche, très embryonnaire», témoigne Michel Sierro.

 

Le spectre de Gamsen

Que sait véritablement la police cantonale de ce phénomène? D’aucuns l’accusent de laxisme. Notamment après l’affaire du concert de Gamsen qui avait réuni 450 néonazis en septembre 2005.

 

Pour éviter des débordements, la police avait alors renoncé à effectuer des contrôles d’identité.

 

Pourtant, force est de reconnaître que le groupe d’investigations spéciales connaît bien ces gens pour ce qui est des Valaisans.

 

Loin des médias et de l’agitation faite autour de ce fameux concert exceptionnel, les investigations se multiplient.

 

«Aujourd’hui, on compte vingt extrémistes de droite dans le Haut-Valais et autant dans la partie romande du canton, mais six à huit sont véritablement actifs dans le Bas et six dans le Haut», note Michel Sierro.

 

Dans la partie francophone, ces personnes habitent Fully, Charrat, Collombey, Muraz, Illarsaz, Choëx, Saxon. Mais rien dans les villes. «La plupart proviennent de cellules familiales éclatées ou en difficulté.»

 

«Devant leurs copains, ils font les fiers-à-bras, devant nous ils pleurent…»

Leurs casiers judiciaires ne comportent que des bagarres ou des dommages à la propriété, rien de très grave. «Devant leurs copains, ils font les fiers-à-bras à la sortie d’un interrogatoire, alors que devant nous ils pleurent…»

 

Des nazillons, mais qui méritent une surveillance de tous les instants. Parmi eux, on trouve un sergent valaisan condamné la semaine passée par la justice militaire pour avoir tenu avec deux autres militaires des propos racistes devant des recrues en été 2005.


Un effectif stable

Pour la police valaisanne, le nombre d’extrémistes de droite est stable dans le canton du Valais, depuis 1997, date d’un premier rassemblement au-dessus de Chamoson.

 

Les membres de la première heure se sont presque tous retirés depuis, mais ils ont été remplacés par de nouvelles recrues.

 

On parlait par exemple au début des années 2000 des «Allobroges». Ce groupe n’existe déjà plus en Valais.

 

C’est un phénomène récurrent: la plupart de ces jeunes se retirent du mouvement en devenant adultes, au hasard d’une nouvelle copine ou surtout d’un nouvel employeur.

 

Il n’est pas rare de voir un ancien crâne rasé porter le costume deux pièces quelques années plus tard.

 

Source : Le Nouvelliste - lundi 26 mars 2007