Le Hezbollah en Suisse
En Suisse
Dans le canton de Vaud
Réunis au Mont-Pèlerin du 22 au 25 juin à l’instigation de l’Association suisse pour le dialogue euro-arabo-musulman (ASDEAM), neuf interlocuteurs libanais de toutes les sensibilités politiques se sont concertés sur la résolution de la crise.
La réunion faisait suite à une première rencontre en avril. Entre-temps, la Confédération, par les soins de l’ambassadeur Didier Pfirter, s’était assurée au Liban des soutiens recueillis par cette initiative.
Le contexte de dimanche était marqué par deux événements: l’échec de la médiation de la Ligue arabe entre les factions libanaises et l’explosion d’un véhicule de la Force des Nations Unies (FINUL) au sud du Liban, qui a causé la mort de cinq soldats du contingent espagnol.
Les Libanais en conclave sur les hauts du Léman ont appelé à l'application complète des accords de Taëf, conclus en 1990 en Arabie saoudite pour mettre fin à la guerre civile.
Aujourd'hui, l'organisation politique de l'Etat libanais est l'otage du communautarisme: la présidence revient à un chrétien maronite, celle du gouvernement à un sunnite et celle du parlement à un chiite.
Le document élaboré au Mont-Pèlerin invite à la suppression de ce confessionnalisme politique.
Crainte du Hezbollah
Autre impératif: rétablir les institutions de l'Etat qui est particulièrement affaibli. Dans les discussions est apparue une crainte énorme du Hezbollah alimentée par la prise de Gaza par le Hamas.
Et "Le Temps" d'indiquer : " L'esprit coopératif du représentant du Hezbollah a apparemment montré que le Parti de Dieu n'a rien à voir avec le Hamas palestinien et qu'il peut être davantage pris au sérieux dans le jeu politique libanais".
Si le DFAE soutient pour la seconde fois une telle réunion au Mont-Pèlerin - la première s'est tenue les 20 et 21 avril -, il a aussi exposé l'expérience suisse en matière de neutralité.
En bref, les enseignements historiques qu'a tirés la Suisse à propos de ses relations avec ses voisins ou de l'organisation sécuritaire de son territoire peuvent servir au Liban.
Un porte-parole du DFAE estime que la rencontre nourrit des espoirs: «Le groupe du Mont-Pèlerin peut produire des effets positifs sur le dialogue interlibanais. On espère que ce dialogue puisse s'instaurer à un plus haut niveau.»
Berne met en tout cas les moyens. Depuis le mois de mars, l'ambassadeur Didier Pfirter s'est rendu à trois reprises à Beyrouth
Les références flatteuses à la Suisse et à son système politique ont été nombreuses. Parce qu’il est plus facile, disent les interlocuteurs, de discuter en terrain neutre et dans un petit pays qu’à l’ombre de médiateurs moins désintéressés.
Sources : 24 Heures - mardi 26 juin 2007, Le Temps - mardi 26 juin 2007
