Aéroport de Genève : une sécurité trop légère
L'attentat de Glasgow repose la question de la sécurité à Cointrin. «Nous n'avons pas pris de mesures supplémentaires. Nous sommes déjà au niveau d'alerte maximal», indique Olivier Delétraz, membre de la direction de l'aéroport.
Pour certains, cela ne suffit pas. «La sûreté de l'aéroport de Genève est principalement confiée à la police et non aux gardes-frontière, s'inquiète P., une source sécuritaire. Or, les policiers n'ont pas la formation adéquate pour contrôler les personnes arrivant sur sol suisse. Ce n'est pas leur métier.»
Il cite le cas de la gare Cornavin, où les interpellations de personnes avec des faux papiers ont été multipliées par dix depuis que les douaniers en ont repris le contrôle à la police, il y a six mois.
Autre problème: l'absence d'un fichier d'immigration recensant tous les passagers entrant et sortant du pays ainsi que leur date d'arrivée et de départ.
«Il n'est pas normal qu'un voyageur ne laisse aucune trace de son passage en Suisse. Aucun autre pays ne procède ainsi», estime B., un employé de sûreté. Qui relève: «L'aéroport de Cointrin est l'un des seuls du monde où n'importe qui peut entrer sans présenter ni carte d'embarquement, ni passeport.»
Etonnant lorsqu'on sait qu'en décembre 2005, l'aéroport était passé près d'un attentat au lance-roquettes contre un avion de la compagnie israélienne El Al et que, d'après plusieurs sources, il aurait servi de lieu de transit à des djihadistes en route vers l'Irak.
En revanche, la sûreté de l'accès au tarmac - sur lequel plusieurs intrus avaient pu pénétrer ces dernières années - a sensiblement augmenté.
L'aéroport a embauché une douzaine de personnes supplémentaires pour des tâches de sûreté et a introduit des portiques automatiques, des badges à puce et des fouilles systématiques du personnel.
En février, l'aéroport a passé avec succès un audit de l'Office fédéral de l'aviation civile portant sur sa conformité avec les exigences internationales en matière de sécurité sur le tarmac.
Source : L'Hebdo - jeudi 5 juillet 2007
