Affiche de l’UDC : le mouton noir qui fait voir rouge
Rue de Saint-Jean, rue des Gares, chemin du Fort-de-l’Ecluse... On ne compte plus dans le canton le nombre d’affiches de l’UDC, déchirées, recouvertes de graffitis, voire détournées. On peut ainsi voir les moutons blancs boutant hors de Suisse un mouton noir sur lequel un graffiti UDC a été apposé.
Mardi, c’est le parti Solidarités qui s’est jeté dans la mêlée en demandant au Conseil administratif de la Ville de Genève d’enlever «les placards racistes de l’UDC».
Le secrétaire général, Pierre Vanek, assure que le message propagé par le parti agrarien serait «non seulement provocateur mais également contraire à la loi, aux bonnes mœurs et à l’ordre public». La Ville est donc sommée de s’exécuter à défaut d’être considérée comme complice. Solidarités estime en outre que la campagne serait susceptible d’être en infraction avec la norme pénale antiraciste.
Réunis en séance mercredi matin, les magistrats n’ont pas manqué d’évoquer le sujet. Après avoir exprimé l’avis unanime du Conseil administratif contre ces affiches, le maire, Patrice Mugny, confirme qu’ils se sont penchés sur la question de la légalité, en reconnaissant toutefois que leur marge de manœuvre est faible. «Nous octroyons à la Société Générale d’Affichage un contrat, mais ce serait à l’Etat de décider d’une interdiction possible. Mais il est vrai que l’UDC joue sur des frontières très désagréables et nauséabondes.»
Le secrétaire général de Solidarités n’envisage pas pour autant de porter plainte. «Le plus important est de manifester rapidement notre indignation et notre rejet de cette campagne.» Les délais exigés par les tribunaux pour rendre leur jugement poussent Pierre Vanek à renoncer. «Et puis, cela n’empêchera pas l’UDC d’aller plus loin.»
En revanche, l’action judiciaire pourrait bien venir des rangs de l’UDC. André Reymond, le président de la section genevoise, s’agace de devoir encore justifier le sens de cette campagne. «Il ne faut pas assimiler le mouton noir comme un mouton de couleur, mais le prendre comme une expression populaire.»
Il dénonce également les pratiques irrespectueuses de ceux qui collent des autocollants sur les affiches. «Nous n’hésiterons pas à déposer plainte contre ceux qui portent atteinte à la démocratie. Nous voulons défendre la liberté d’opinion.»
Source : Tribune de Genève - jeudi 23 août 2007
