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L'activité d'extrême-droite, en Suisse, multipliée par dix depuis 1989


 


L'activité d'extrême-droite en Suisse s'est multipliée par dix depuis la chute du mur de Berlin. 

Plus de cent dix incidents attribués aux mouvances "brunes" ont été répertoriés par la police fédérale, en 2006 (1). D'une manière générale, depuis une décennie en moyenne, un fait violent d'extrême-droite survient tous les jours. En 1989, la même source n'en dénombrait qu'une dizaine en tout.

 

Parallèlement à cette explosion d'actions violentes, le plus souvent à l'arme blanche, l'extrême-droite n'a cessé de recruter. Avec succès. Le rapport 2005 du Service d'analyse et de prévention (SAP) de la police fédérale estime qu'elle compte aujourd'hui quelque mille huit cents personnes, dont environ mille deux cents militants dans le «noyau dur». Moins de deux cents militants étaient recensés à l'aube des années nonante.

 

En 2004, Genève abritait, elle, plus de cent trente militants d'extrême droite – à savoir néonazis, négationnistes, jeunes nationalistes, identitaires et hooligans politisés.

 

A la recherche d'éléments potentiellement dangereux pour la sécurité intérieure, la police ratisse large au cours de ses observations. Dans le même document fédéral de 2004, en effet, environ trois cents squatters genevois sont «fichés» au même titre que les militants de la coordination anti-OMC et qu'une frange du Bloc Noir.

 

La police prétendait qu'ils appartenaient «au mouvement autonome anarchiste», considérant ceux qui adhèrent à ce groupe «comme des extrémistes».

 

Les actions violentes d'extrême droite représentent 60% des cent onze incidents répertoriés en 2006, augmentant de 12% par rapport à l'année précédente. Celles menées à l'encontre de personnes dans des contextes non explicitement politiques sont de plus en plus fréquentes, à l'image de l'agression de trois Africains par huit néonazis à Genève, le 8 août dernier.

 

Les violences politiques d'extrême droite ont principalement pris pour cible les centres de requérants d'asile – une quinzaine d'attaques par an, pour la plupart des incendies criminels – et les manifestations de gauche. Des attaques menées parfois avec des armes à feu, comme le 9 juillet 2005 à Thoune où un manifestant contre le G8 a été blessé par balle. Cependant, aucun attentat à l'explosif n'a jusqu'ici été attribué à l'extrême droite Suisse. 

 

Note : [1]Rapport 2006 sur la sécurité intérieure de la Suisse. Les rapports depuis 1999 sont consultables à www.fedpol.admin.ch/fedpol/fr/home/dokumentation/berichte.html
[2]Rapport sur l'extrémisme du 25 août 2004.

 

Source : Le Courrier - lundi 3 septembre 2007