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Les skinheads


28 Novembre 2017

     Les skinheads sont un mouvement néo-nazi actif dans plus d'une trentaine de pays sur six continents. Ils totalisent environ 70 000 membres dans le monde.
 
C'est en Angleterre au début des années 70 que sont apparus les premiers jeunes au crâne rasé et à la peau tatouée, chaussés de bottes de combat et vêtus de jeans, de bretelles et d'une veste de pilote de chasse. Leur style menaçant devait symboliser l'attitude dure et patriotique de la classe ouvrière, par opposition aux idées prétendument molles, pacifiques et petites-bourgeoises des hippies.
 
Leurs penchants racistes et nationalistes ont ensuite évolué vers une forme radicale du nazisme : attaques contre des immigrés asiatiques, insultes, graffitis.
 
Le mouvement skin s'est étendu au continent européen, en attirant des jeunes hommes blancs âgés de 13 à 30 ans. L'idéologie néo-nazie alliée à la vie de groupe donne aux skinheads un sentiment de force et de supériorité sur les autres. Ils invoquent souvent la symbolique viking du guerrier blanc. Ils glorifient Hitler et rêvent de recréer un Reich aryen. En attendant, ils chantent des hymnes nazis et font le salut hitérien.
 
Les skins s'attaquent aux minorités présentes dans leur pays : les Turcs en Allemagne, les Pakistanais en Angleterre, les Tziganes en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les Maghrébins en France, les Noirs et les Hispaniques aux Etats-Unis et, partout, les Juifs et les homosexuels. Ils s'en prennent parfois aussi aux sans-abri, aux drogués et aux autres exclus de la société.
 
Des contacts étroits existent entre les skinheads du monde entier, à travers les tournées de groupes de rock skin suivis par de nombreux fans, le marketing de matériel de propagande skin (insignes, livres, disques, jeux vidéos, vêtements, etc.), les abonnements à leurs revues spécialisées appelées "skinzines" et les nombreux sites internet*.
 
La plupart des groupes skins ont également des liens plus ou moins ouverts avec des partis politiques néo-fascistes dans leur propre pays, comme le Vlaams Blok en Belgique, le Movimento Sociale Italiano en Italie, le Front National en France ou le NPD en Allemagne.
 
Même s'ils maintiennent des contacts avec des partis d'extrême-droite, les skinheads refusent de gagner le pouvoir par les voies politiques. Ils cherchent plutôt à déstabiliser la société par la violence et l'intimidation. Ils attaquent des foyers de réfugiés, crient des slogans racistes et recherchent la bagarre dans les stades de football (hooligans). Ils attirent des amateurs de hard-rock à leurs concerts de musique "oï" (paroles nationalistes et violentes) copieusement arrosés de bière. Ils profanent des cimetières juifs, tabassent des immigrés et gribouillent d'immenses graffitis racistes et antisémites.
 
En Suisse, le mouvement skin est apparu au milieu des années 80, dans les cantons de Bâle, d'Argovie, de Berne et de Zurich. C'est dans les années 90 qu'il s'est organisé et radicalisé, avec une branche de plus en plus active de Hammerskins (skins radicaux), notamment à Neuchâtel. Aujourd'hui, les skinheads suisses, qui sont entre 300 et 500, se font de plus en plus visibles en organisant des concerts rock hebdomadaires, en gribouillant des graffitis antisémites et en criant des slogans racistes dans les stades de football. Pour la première fois en Suisse, en septembre 1998, un concert où étaient attendus plus d'un millier de skins à la Sarraz (VD), a été interdit par les autorités.
 
Depuis l'entrée en vigueur de l'article 261 bis CP, des skinheads ont été condamnés pour des propos racistes, antisémites ou négationnistes* publiés dans leurs revues ou tenus publiquement.
 
 
Police fédérale suisse : Skinheads en Suisse, Berne, 1998.
Urs ALTERMATT & Hanspeter KRIESI : L'Extrême-droite en Suisse, Fribourg, Etudes Universitaires, 1995.